
Fintech, c’est quoi?
Les nouvelles technologies transforment nos manières de faire et d’être, presque tous les secteurs sont touchés par les nouvelles possibilités qu’offre la révolution technologiques. La finance, un secteur qui est au cœur de l’économie capitaliste, se trouve en pleine métamorphose grâce aux apports des NTIC.
En effet, la transformation de la finance au moyen des nouvelles technologies a rendu possible le mariage de ces deux secteurs pour donner les Fintechs, qui est l’utilisation des possibilités des nouvelles technologies en vue de rendre la finance à la fois meilleure et plus accessible.
Essentiellement, les Fintechs utilisent des logiciels et des algorithmes via des ordinateurs et des smartphones pour permettre aux individus et aux entreprises de mieux gérer leur opération financière.
Importance de la Fintech
Les Fintechs sont importantes pour plusieures raisons, dans un premier temps elles permettent aux individus et aux entreprises de gérer plus facilement leur activité financière grâce aux différentes innovations qui leur permettent d’avoir accès à leur compte à distance. Egalement, elle leur permet d’effectuer presque toutes leurs transactions peu importe le lieu où ils se trouvent. Dans un second temps, les Fintechs ouvrent l’accès du système financier aux personnes qui en étaient jadis exclues, une personne habitant une zone reculée où il n’y a pas de succursale d’une banque peut désormais bénéficier des services financiers au moyen d’un ordinateur ou de son téléphone. En ce sens, les Fintechs favorisent l’inclusion financière tout en offrant plus de sécurité lors des différentes opérations financières.
Différents types de Fintech
Etant donné que la finance implique une diversité d’activités, les transformations engendrées par les nouvelles technologies ont donc impacté toutes ces activités, en ce sens, on peut distinguer plusieurs types de Fintechs :
- Le crowdfunding
Le crowdfunding ou financement participatif est une activité qui a pour objectif de concrétiser un projet d’entreprise ou autres grâce à la participation financière de plusieurs personnes. Les participants au crowdfunding contribuent donc au financement du projet en mettant en commun leur fond via internet. Leur investissement dans le projet peut prendre la forme d’un don ou d’une participation en fonds propres dans la société.
- Les applications et les plateformes de paiement mobiles
Il est devenu désormais plus facile de gérer son compte sans aller à la banque grâce aux applications mobiles, par exemple presque toutes les banques commerciales haïtiennes offrent la possibilité à leurs clients de pouvoir accéder à leur compte et d’effectuer des transactions à distance via des plateformes en ligne ou des applications mobiles.
Le paiement mobile est l’une des innovations phare des Fintechs et aussi c’est un outil puissant dans les efforts pour l’inclusion financière. N’importe qui, disposant d’un téléphone peut de nos jours payer et être payé instantanément. Par exemple, l’une des plateformes de paiement mobile très connue en Afrique est MPESA et en Haïti nous avons Mon Cash.
- Les cryptomonnaies
Le dernier type de Fintech que nous allons aborder, ce sont les cryptomonnaies, dont le fameux Bitcoin est en pleine expansion. Les cryptomonnaies sont des monnaies digitales ou virtuelles qui se présentent comme une alternative aux monnaies traditionnelles. Bien qu’elles fassent beaucoup parler d’elles, très peu d’entreprises acceptent ces monnaies comme moyen de paiement.
Haïti et les Fintechs
Les Fintechs sont en plein développement, les pays économiquement et technologiquement avancés investissent des millions pour profiter de ses atouts. Pourtant certains pays en Afrique se font remarquer par leur progrès dans le secteur, surtout en matière de plateformes de paiement. MPESA[1] une solution de paiement mobile qui a pris naissance au Kenya en 2007 et qui maintenant opère dans plusieurs pays de l’Afrique est un exemple qui prouve que les Fintechs sont accessibles à tous que ce soit les pays riches ou les pays pauvres.
En Haïti, les Fintechs progressent, ça pourrait aller plus vite, mais tenant compte des différentes limitations du pays, les progrès sont lents. De nos jours, les haïtiens s’habituent à payer et à se faire payer via leur compte mobile, ceux qui disposent d’un compte bancaire peuvent faire des transactions à distance.
Beaucoup d’efforts se font malgré tout, et récemment une plateforme, MANNITOK[2], a rendu possible le transfert d’argent depuis le compte ou la carte bancaire à son compte de portefeuille mobile et vice versa.
Opportunités et inconvénients pour Haïti
Selon la Banque de la République d’Haïti, les 200 succursales de banques du pays comptent 2 millions de clients, en d’autre terme, seulement 20 % des haïtiens détiennent un compte en banque. De plus selon la BRH, les compagnies de téléphonies mobiles comptent plus de 4 millions de clients, ces chiffres montrent deux choses : la première c’est qu’il y a un grand nombre d’haïtiens qui sont exclus du système bancaire et deuxièmement, la téléphonie mobile pourrait être un atout pouvant combattre cette exclusion.
Lors du sommet sur la finance au cours du mois dernier, l’inclusion financière a été l’un des termes centraux des discussions. Ce qui prouve qu’il y a une réelle préoccupation et qu’il y a des efforts qui se font, un signe positif.
Cependant, nous ne pouvons négliger les obstacles qui peuvent s’ériger face aux efforts pour l’inclusion financière en Haïti. Les inconvénients à un tel projet sont entre autres, faiblesses infrastructurelles, instabilité politique, faiblesse du capital humain et manque de financement.
Les Fintechs, quoique récentes, représentent l’avenir de la finance. Ainsi, pour ne pas rater le train de cette nouvelle évolution de la finance, les principaux acteurs haïtiens à savoir les banques commerciales, la banque centrale, les compagnies de téléphonies ainsi que les universités doivent élaborer un plan en vue de permettre au pays de tirer le maximum des innovations qu’offrent les Fintechs. Toutefois, l’on se demande s’ils seront vraiment capables d’atteindre un tel objectif ? En tout cas, on l’espère.